Le clown relationnel® est une démarche de soins relationnels à médiation artistique, dans le champ de l’art-thérapie. Il s’agit d’une rencontre-accompagnement par la voie du clown afin d’offrir un soin vivifiant aux personnes basé sur l’empathie d’affects. Le clown permet au patient de s’ouvrir à la palette de ses émotions et de retrouver joie, sérénité, imaginaire. Ainsi, lors de la rencontre-accompagnement, les soins vivifiants vont tenter de soutenir ou restaurer les forces et le désir de vivre de la personne visitée.
Le clown relationnel® est un art de la rencontre-accompagnement qui réclame un engagement personnel de l’intervenant pour pouvoir s’ajuster à la complexité des situations cliniques rencontrées. Chaque personne est unique avec son histoire, sa personnalité, ses fragilités, ses souffrances, ses pathologies…
Cette pratique a été élaborée à partir de 1978 par Christian Moffarts et Françoise Camus suite à une rencontre avec des enfants autistes. Depuis, ils ont créé l’ICRCT (Institut de Clown Relationnel® et de la Clown-Thérapie®) au sein duquel ils forment des clowns relationnels® et offrent un accompagnement thérapeutique par la voie du clown. Cette formation est basée sur des repères théoriques, méthodologiques et pratiques très élaborés afin de pouvoir intervenir avec rigueur. Les stages de clown-thérapie® sont ouverts à tout le monde.
Les clowns relationnels® se distinguent des clowns acteurs ou des clowns animateurs. Ce n’est pas du clown de spectacle: il n’y a pas de numéro écrit à l’avance, les clowns improvisent une relation en fonction de la personne qu’ils rencontrent, ils sont avant tout centrés sur la personne à accompagner et non sur un scénario. Il s’agit là pour l’intervenant de se laisser toucher par l’état de l’autre dans le moment présent : être à l’écoute avec les yeux, la sensibilité, le corps et la respiration…
Cette activité s’inscrit dans le courant de la psychologie positive.
Les clowns relationnels® interviennent en binôme pour structurer leurs interventions. La triangulation permet le jeu créatif, les relances dans les moments difficiles, et mobilise deux sensibilités différentes face au patient. Dans le service, la présence et la déambulation de deux clowns relationnels® apportent dynamisme et bonne humeur généralement appréciées par les équipes et les familles.
L’objectif de la rencontre-accompagnement est de favoriser les émotions positives, de contribuer au bien-être psychique et de soutenir la vie affective en relation avec l’entourage. Cette démarche permet d’accompagner les personnes en situation clinique difficile (agressivité, refus, mutisme…) pour les conduire vers de l’apaisement. Elle permet à des personnes en carence affective de renouer un lien relationnel et nous savons que les personnes en institutions sont souvent en manque de « nourritures affectives » comme l’a si bien décrit Boris Cyrulnik. Ce lien renoué peut ralentir, voire stopper, un syndrome de glissement. Elle s’adresse également aux patients qui ne peuvent participer aux animations hors des chambres du fait de leur état. Il s’agit d’offrir une présence paisible, rassurante, contenante grâce à une posture ancrée et sans cesse ajustée à l’état psycho-émotionnel de la personne.
Ainsi, dans les services de soin, la présence des clowns relationnels® apporte légèreté, fraîcheur, poésie et rires dans les équipes. Dans les espaces collectifs (salle de kinésithérapie, d’ergonomie, couloirs…) la présence des clowns relationnels® fait émerger d’autres relations entre les différentes personnes. Le rire peut parfois diminuer les sensations de douleur, et permettre aux personnes de s’engager davantage dans les processus de rééducation.
Enfin, l’expérience du clown relationnel® peut apporter un autre regard sur les résidents lors des séances de restitution.
Le nez rouge ritualise la rencontre et cadre la relation.
C’est comme une clef qui ouvre à d’autres possibles : la poésie, plus de légèreté…
Sinon (ou sans lui), nous ne serions que des personnages habillés de façon saugrenue. C’est un code : nous sommes là pour des soins relationnels empathiques et ludiques. Il permet d’identifier le rôle des intervenants comme apportant un parfum de magie supplémentaire qui sort du cadre habituel du fonctionnement du service.
Ainsi, face aux clowns, le patient pourra s’ouvrir au niveau du coeur et partager ses affects, ses sentiments, s’émerveiller.
Enfin, l’art n’est pas thérapeutique en soi mais il peut y avoir des effets thérapeutiques sous certaines conditions, qui pourront ainsi aider à la transformation du trouble en joie et à l’émergence de plus de légèreté et de bien-être.